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ILC, ILAT ou ICC : quel indice pour votre bail commercial ?

Depuis le 1er septembre 2014, l’indice d’un bail commercial dépend de l’activité : l’ILC pour le commerce et l’artisanat, l’ILAT pour les activités tertiaires. L’ICC subsiste dans certaines clauses. Voici comment lire ces indices et calculer une indexation.

Mis à jour le

En bref

  • Activités commerciales ou artisanales : ILC. Activités libérales et tertiaires, bureaux, entrepôts logistiques : ILAT.
  • Depuis septembre 2014, l’ICC ne sert plus à la révision triennale ni au renouvellement du bail commercial. Il peut encore figurer dans une clause d’échelle mobile.
  • La clause d’indexation joue automatiquement à la date prévue au bail. La révision triennale (article L145-38 du Code de commerce) doit être demandée.
  • Si l’indexation fait varier le loyer de plus d’un quart, le bailleur ou le locataire peut demander la révision du loyer (article L145-39).
  • Le calcul : loyer actuel × nouvel indice ÷ indice de référence, avec les valeurs publiées par l’Insee.

Quel indice selon l’activité

Depuis le 1er septembre 2014, l’indice du coût de la construction (ICC) ne fait plus partie des indices de référence du bail commercial. Selon service-public.gouv.fr, deux indices servent à la révision des baux commerciaux, et c’est l’activité qui décide entre eux.

Les trois indices et leur usage pour un bail commercial
IndiceActivités concernéesUsage aujourd’hui
ILC, indice des loyers commerciauxActivités commerciales ou artisanales, exercées par un locataire immatriculé au registre national des entreprises et, pour les commerçants, au registre du commerce et des sociétésRévision triennale, renouvellement, clause d’échelle mobile
ILAT, indice des loyers des activités tertiairesActivités libérales et tertiaires, bureaux loués pour une activité ni commerciale ni artisanale, entrepôts logistiquesRévision triennale, renouvellement, clause d’échelle mobile
ICC, indice du coût de la constructionAucune activité désignée depuis septembre 2014Clause d’échelle mobile seulement

L’ILC ne peut pas servir pour les activités industrielles, comme les fabriques et les usines, ni pour les activités exercées dans des immeubles à usage exclusif de bureaux ou dans des plateformes logistiques comme les entrepôts.

C’est l’activité concernée qui détermine l’indice. Si vous louez à la fois des locaux commerciaux, des bureaux et des entrepôts, votre portefeuille peut donc compter plusieurs indices. Chaque bail se lit pour lui-même, à partir de l’indice que sa clause désigne.

Les baux encore indexés sur l’ICC

Avant septembre 2014, l’ICC servait de référence à la révision triennale des loyers commerciaux. Depuis septembre 2014, il n’est plus un indice de référence pour la révision triennale ni pour le renouvellement du bail commercial.

L’ICC n’a pas disparu pour autant : il peut continuer à servir d’indice de référence dans une clause d’échelle mobile. Pour un portefeuille, cela veut dire deux choses. Noter l’indice que chaque clause désigne, sans supposer qu’il s’agit de l’ILC. Et repérer les baux qui approchent de leur renouvellement, moment où l’ICC ne sert plus d’indice de référence.

Clause d’indexation et révision triennale : deux mécanismes

En cours de bail, deux mécanismes font évoluer le loyer d’un bail commercial avec un indice, et ils ne suivent pas les mêmes règles. La clause d’échelle mobile, aussi appelée clause d’indexation, est prévue par le bail. La révision triennale, ou révision légale, est un droit que le bailleur comme le locataire peuvent exercer, même quand le bail ne la prévoit pas.

Les deux mécanismes côte à côte
QuestionClause d’échelle mobileRévision triennale
TexteArticle L145-39 du Code de commerceArticle L145-38 du Code de commerce
OrigineUne clause du bailLa loi, même si le bail ne la prévoit pas
RythmeFixé par les parties, souvent annuelUne demande possible trois ans après l’entrée dans les lieux, le renouvellement ou la précédente révision
DéclenchementAutomatique, à l’échéance prévue au bailDemande du bailleur ou du locataire, par lettre recommandée avec accusé de réception ou acte de commissaire de justice
IndicesILC ou ILAT selon l’activité, ou ICCILC ou ILAT
Garde-fouRévision possible si le loyer varie de plus d’un quartVariation plafonnée à celle de l’indice, sauf déplafonnement

La clause d’échelle mobile et la règle du quart

La clause d’échelle mobile fait varier le loyer en fonction d’un indice de référence mentionné dans le bail. Les parties en fixent librement la périodicité, qui est souvent annuelle en pratique. À l’échéance prévue, le loyer est révisé automatiquement, sans intervention du bailleur.

L’article L145-39 du Code de commerce protège contre une variation trop forte. Si, par le jeu de la clause, le loyer augmente ou diminue de plus d’un quart par rapport au prix précédemment fixé, le bailleur ou le locataire peut demander la révision immédiate du loyer. La demande se fait par lettre recommandée avec accusé de réception ou par acte de commissaire de justice. Le juge fixe alors le loyer à la valeur locative, et l’augmentation ne peut pas dépasser 10 % du loyer acquitté au cours de l’année précédente.

La révision triennale et son plafond

La révision triennale peut être demandée par le bailleur ou par le locataire une fois écoulés trois ans depuis l’entrée dans les lieux, le renouvellement du bail ou la prise d’effet de la précédente révision. Aucun délai maximum n’est prévu. La demande se fait par acte de commissaire de justice ou par lettre recommandée avec accusé de réception, et elle précise le montant du loyer demandé.

Le loyer révisé est en principe plafonné : sa variation ne peut pas dépasser celle de l’ILC ou de l’ILAT. Pour la première révision, la formule est la suivante : loyer en cours × dernier indice publié au moment de la révision ÷ indice de référence lors de la fixation initiale. Pour les révisions suivantes, l’indice de référence est celui de la dernière révision.

Le plafond peut être écarté, notamment quand une modification des facteurs locaux de commercialité a entraîné une hausse ou une baisse de plus de 10 % de la valeur locative. Le loyer peut alors correspondre à la valeur locative, mais son augmentation ne peut pas dépasser, pour une année, 10 % du loyer acquitté au cours de l’année précédente.

En cas de désaccord sur le loyer révisé, le bailleur ou le locataire peut saisir la commission de conciliation des baux commerciaux du département, dont la saisine est gratuite, ou le président du tribunal judiciaire.

Calculer une indexation

Pour une indexation annuelle, le calcul tient en une ligne : nouveau loyer = loyer actuel × nouvel indice ÷ indice de référence. Il demande trois valeurs.

  • Le loyer à indexer, tel que la clause le définit.
  • L’indice de référence : la valeur publiée pour le trimestre que la clause désigne.
  • Le nouvel indice : la valeur du même trimestre, un an plus tard.

Un exemple sur l’ILAT, avec les valeurs publiées par l’Insee. Un loyer annuel de 24 000 € indexé du 2e trimestre 2025 (137,15) au 2e trimestre 2026 (138,01) devient 24 000 × 138,01 ÷ 137,15 = 24 150,49 €, soit une hausse de 0,63 %.

Où l’Insee publie les indices

L’Insee calcule l’ILC, l’ILAT et l’ICC pour chaque trimestre et les publie sur insee.fr, où chaque indice a sa série : 001532540 pour l’ILC, en base 100 au 1er trimestre 2008, 001617112 pour l’ILAT, en base 100 au 1er trimestre 2010, et 000008630 pour l’ICC. Les valeurs paraissent aussi au Journal officiel : celles du 2e trimestre 2026 y ont été publiées le 25 septembre 2026.

Sur insee.fr, l’ILC et l’ILAT ont chacun une série voisine au nom presque identique : leur variation annuelle, en pourcentage. C’est la valeur de l’indice, et non sa variation, qui entre dans la formule. Confondre les deux donne un loyer faux sans aucun message d’erreur.

Et le bail professionnel ?

Le bail professionnel suit d’autres règles. La loi n’impose pas de réévaluer son loyer, mais le bail peut prévoir une clause de révision. Les indices possibles sont l’ILAT et, pour certains baux, l’ICC, et l’indice choisi doit être en rapport avec l’activité de l’une des parties ou avec l’objet du contrat. Sans clause de révision, le loyer reste le même pendant six ans.

Dans HelloPako

L’indexation dans HelloPako

Sur chaque bail, le champ « Indice contractuel » accepte « ILC », « ILAT », « ICC », « IRL » ou « Autre ». Pour l’ILC, l’ILAT et l’ICC, PAKO prend la valeur publiée par l’Insee et applique « Loyer de base × nouvel indice / indice de référence » : vous n’avez aucune valeur d’indice à saisir. Si le champ « Pourcentage maximal de variation éventuel » est rempli, la variation est limitée à la hausse comme à la baisse, et « Détail du calcul » l’indique. Une fois la date de révision atteinte, l’alerte « Indexation à confirmer » vous demande si le nouveau loyer calculé est appliqué : c’est vous qui le confirmez, avec « Confirmer l’indexation ». L’alerte « Révision du loyer à effectuer » n’apparaît que tant que PAKO ne peut pas encore calculer le nouveau loyer.

Cette page présente la règle et les textes qui la fixent. Elle ne remplace ni la lecture de votre bail ou de vos contrats, ni le conseil d’un professionnel du droit.

Sources

Textes et pages officielles consultés le .

  1. Service Public Entreprendre, « Bail commercial et bail professionnel : quel indice de référence utiliser ? » (F20564)
  2. Service Public Entreprendre, « Bail commercial : fixer et réviser le loyer » (F31925), articles L145-38 et L145-39 du Code de commerce
  3. Service Public Entreprendre, « Bail commercial : ce qui change », loi n° 2026-403 du 26 mai 2026, article 62
  4. Code de commerce, article L145-37
  5. Code de commerce, article L145-38
  6. Code de commerce, article L145-39
  7. Insee, « Réviser un bail commercial ou professionnel »
  8. Insee, indice des loyers commerciaux (ILC), série 001532540
  9. Insee, indice des loyers des activités tertiaires (ILAT), série 001617112
  10. Insee, indice du coût de la construction (ICC), série 000008630